L.
E.
S....
P.
É. R.
U. V.
I. E.
N. S ....V
.O.
L. A.
N. T.
S
M
u s i q u e .a u x
..k
i l o m è t r e s
"
On plane pour vous ? "
Cela
fait déjà plusieurs mois que Les péruviens volants planent
inlassablement au grès des fréquences et se laissent,
par prédisposition génétique, aspirer par la matière
sonore. Un piaillement de Mario, une touche de piano
effleurée, un micro qui tombe, les absorbent irrésistiblement.
Ils sont dans ces instantanés offerts, non plus avec
nous mais sur la face cachée de la lune. Éternellement,
le dur poids de leur chair leur fait pousser des soupires,
et tout naturellement, comme une lava lampe, nos deux
"aviateurs" subissent de cuisants échecs retombant dans
les cloaques abyssale de la matrice. Mais c'est pour
renaitre, tel des phoenix, quelques microsecondes plus
tard, plus flamboyants encore. Tous ces univers fréquentiels
étranges sont le fruit de rencontres musicales à la
fois intenses et irréfléchies. L'improvisation est la
règle suivie par Ricky Pitch et Mitch Delay. Surtout
ne pas se répéter, ils n'ont pas de temps à perdre.
+
+ +
Épisode
8. "
Terra
melancholia "
Aux commandes de notre flèche stellaire plus pourpre
que vermeil, alors que nous avions retrouvé notre taille
initiale, une sournoise nostalgie du vert dans sa magistrale
chromaticité et sa démesure mystique s'empara furieusement
de nous. Par le biais de quelques regards mortifères
se juxtaposaient par soustractions les souvenirs récurant
des verts pâturages que Mitch et moi parcourions, innocemment
à cette époque bénie, intégralement nus. Adieux veau
d'or, adieux cochons de lait, adieux forêts d'émeraudes,
adieux eau écarlate. Comme taillé dans le stuc phosphorescent
de nos synapses, les dernières formes généreuses de
notre mère nourricière s'évaporaient à la manière d'un
mausolée de sable balayé par le rayon vert. Un tant
donné, tout n'était que trous noirs & naines blanches
dans le gris cosmique de notre grand œuvres. Mais voyez
vous, chers et ignobles parents, à toutes couleurs ça
complémentaire pour circonscrire le prétexte … Ainsi,
sans qu'aucun ordre fut donné et dans l'instant suivant,
agité comme des enfants terribles, l'envie compulsive
de planter un arbre se fit promptement sentir. Oui,
planter un arbre… Planter un arbre et boire du rouge
avec sur les genoux toutes les vierges du soleil levant.
Planter un arbre comme on plante son vît. Enfin, Planter
un arbre sans fin et souffler à mort comme les gars
de Jéricho, dans nos flûtes de pan.
Après
une approche chaotique, nous nous échouâmes grossièrement,
avec notre fusée rouge, sur une exo planète flasque
constituée principalement, nous le supposons maintenant,
d'un gaz mammaire vivace et dense. Hors de notre engin
nous réalisâmes rapidement les effets de cette gravité
hystérique. Elle étirait nos corps dans toutes leurs
longueurs. Mesurant en un instant plus de 6 mètres de
haut, nous pouvions allègrement faire le tour de cet
ovula gazeux. Cela nous faisait rire aux éclats.
Il nous fallut plusieurs heures d'exploration au spéculum
et des regards persans, pour découvrir Richie AUTIST.
Aux aguets depuis quelques century's dans un des nombreux
cratères de la zone de Fallope, il était anormalement
bien plus grand que nous et affublé crânement d'un OP-1.
Animé d'une apathie spontanée, nous vibrâmes tous trois,
en quelques menuets à l'unisson. Vous trouverez, camarades
spationautes, posté à cette adresse un magma sonore,
fragmentaire et forcément parcellaire, qui restitue
maladroitement notre transe vaporeuse. Aujourd'hui,
il nous faut quitter au plus vite ces bacchanales hérétiques
& décaties. Nous devons remonter dans notre fusée car
nos corps ne cessent inlassablement de s'étirer. « Malheureusement
nous n'avons pas de place pour toi Richie, nous devons
te laisser là, contraint par un mandat d'arrêt inter-dimensionnel
de s'échapper, prestement, de ce cloaque rubicond pour
les doux espaces vierges de la lune des satans
».
Épisode
6. "
Plus loin que la ceinture de Van Hallen "
Continuellement
agacés par des rafales d'hormones saturées, nous avons
décidé Mitch et moi, il a déjà trois semaines,
de construire une fusée, une belle grande fusée. Étonnamment,
sous la pression équilatérale de nos deux consciences
illuminées, en quelques secondes la chose fut faite.
Aujourd'hui et après maintes avaries, suite à un faux
départ, nous sommes très heureux de vous annoncer, camarades
spationautes et mélomanes, que nous sommes bien au delà
de la ceinture de Van Hallen. Dans l'espace extra-atmosphérique
dit du pubis du dragon de l'eau noire.
S'adressant
à Ricky, Micht Delay, agare, lui dit d'un ton délétère
: " Et Bien! Si nous ne finissons jamais rien, cher
maître Pitch, c'est que nous sommes fatalement immortel
".
C'est
pour nous, à ce jour dit , que commence le siècle de
toutes les abnégations matérielles et de tous les anéantissements
livides . Toi et moi, ensemble, de front , nous avons
tout partagé : la famine, les génocides, les pandémies,
accouplés à des siècles pâles, cancéreux et plaintifs,
eux même mariés consanguinement à des décennies opulentes
jusqu'à l'obésité morbide . Il ne reste dès lors,
ma chair, plus que quelques feuillets jaunis dans la
bibliothèque, ceux de notre apocalypse.Ton cum.
Comme
toi , je suis un hystérique de l'ataraxie et tout comme
toi, le réel me donne de l'asthme. Nous aspirons tous
les deux à une sagesse végétale. Abjurons alors toutes
nos terreurs pour le sourire d'un arbre
Par
delà les nuages le ciel est vert et ma peur est bleu.
Par
delà les nuages Brûle le phosphore les cheminées fument
et les porcs ont peurs. Par delà les nuages et dans
les cimetières le ciel est vert, le ciel est vert.
On
est défoncé à mort ! Mais que se rassurent nos parents,
nos amis et l'état providence, nous n'avons pris
que des produits légaux : Xanax, éther, colle à rustine,
Canard WC roumain, Subutex suisse et hormones de croissance
brésiliennes (d'ailleurs nous avons tous les deux de
belles poitrines maintenant). Sans vergogne nous avons
aussi abusé d'eau écarlate vosgiennes, d' alcools modifiées
"made in bordeaux", de lingettes de Goa et de bien d'autres
"filtres" encore. Ainsi, ces fumeuses bacchanales nous
ont, par addiction, préservées de toutes réussites sociales
et, heureusement, évité d'entretenir ce chaos societal
que quelques bonimenteurs maladroitement Satanistes
souhaiteraient encore nous vendre. Non, nous autres
Péruviens Volants, nous ne faisons pas partie de ces
30% d'ovins asservis par la peur d'aller grossir les
rangs des 70% de pauvres croupissant dans la fange.
De toute façon, nous vous avions prévenu il y a déjà
11 ans : « la croissance c'est de la merde, vive la
crise! »